La Ligue Odebi a parcouru avec amusement la synthèse du rapport de la Commission famille, éducation aux médias impulsée par la cybercélèbre Nadine Morano.
Si la protection de l'enfance est une nécessité évidente, il convient cependant de s'interroger sur les intentions réelles cachées derrière la proposition de tatouage des contenus, par exemple violents ou pornos, au prétexte que cela permettrait de protéger des enfants.
En effet, la Secrétaire d'état va maintenant devoir expliquer aux français comment elle compte s'y prendre pour imposer son tatouage aux exabytes de video mis en ligne continuellement par la cyberindustrie pornoplanétaire
Balivernes donc. Si le tatouage n'a rien à voir avec la protection de l'enfance, il a en revanche directement à voir avec les droits d'auteurs et la censure des médias. Nombre de reportages télés peu flatteurs pour certains politiques pourraient ainsi être systématiquement bloqués à la moindre tentative d'upload sur youtube ou dailymotion. Ce qui éviterait par ailleurs et par contre-coup des avalanches de commentaires parfois certes douloureux.
La Ligue s'oppose donc au tatouage, comme elle s'oppose au filtrage. La protection de l'enfance passe par la présence des parents, et éventuellement, de façon complémentaire, par l'installation si les parents le souhaitent, de logiciels parentaux sur leurs pc, et pas ailleurs.
La protection de l'enfance a donc bon dos : les propositions finales du rapport ne sont qu'un nouveau pédo-troyen en réalité destiné à impulser le déploiement de technologies de filtrage et, partant, de censure, au niveau des fournisseurs d'accès et des hébergeurs.
L'éducation à l'usage des médias est du ressort des parents et des enseignants, et ne saurait s'appuyer sur des outils de labelisation analogues à ce qui avait été proposé dans le rapport Tessier[1]. On fait difficilement plus débile en matière de formation du sens critique des futures générations que de s'appuyer sur des tampons "site de confiance" accordés par le ministère de la communication. Si, peut-être demander au parlement d'écrire les livres d'histoire.
S'agissant de l'éducation aux bons usages, cela faisant sans doute référence à la Loi, encore faudrait-il que la Loi soit réaliste, lisible, et adaptée, ce qui nécessiterait au préalable une formation initiale minimum des parlementaires.
Pour ce qui est du rôle du CSA, nous avons déjà prévenu il y a des années que son champ d'intervention était soluble dans la convergence[2]. Le CSA avait pour vocation de répartir la rareté, qui est l'exact contraire de ce qu'offre internet : des exabytes de données qu'aucun organisme ne peut raisonnablement prétendre contrôler.
Quant aux logiciels de reconnaissance de l'âge, la Ligue préconise plutôt qu'ils soient mis en oeuvre à l'entrée des établissements touristiques thaïlandais.
* http://www.youtube.com/watch?v=8JfEGSDCet0
** http://www.odebi.org/content/le-net-est-la-plus-grande-saloperie-quaient...
[1]
Communiqué 20-02-2007 : Le gouvernement envisage de labelliser les sites d’information, et de financer les sites labellisés
http://archives.odebi.org/-p=211&langswitch_lang=en.htm
[2] LEN/CSA : extraits choisis
http://archives.odebi.org/-p=209&langswitch_lang=en.htm
























Infantilisation des citoyens
Ce serait une opération volontaire, de la part des créateurs de sites, d'images ou de vidéos (tatouage et pas censure), *et* de la part des parents (via un logiciel de contrôle parental contrôlé par eux et eux seuls), ça ne me choquerait pas. Après tout, j'ai un site qui ne convient pas à des gamins, j'ai mis un avertissement et serais prête à ajouter un code reconnu par les logiciels de contrôle parentaux, mais ce n'est pas pour autant que j'ai l'intention de me taire purement et simplement.
Seulement, ce n'est évidemment pas ce que nos chers politiques ont en tête. Ils se verraient bien dans le rôle de "parents" infantilisant l'ensemble de la population, et surtout les majeurs en âge de voter (sauf quand il s'agit de "responsabiliser" des gosses de 13 ans en les foutant en tôle, allez comprendre...)